
Appeler la prospérité et ouvrir la voie à l’abondance pour l’année à venir
Le 21 février, le cinquième jour du Nouvel An chinois, appelé 正月初五 (Zhēngyuè chū wǔ), est connu sous le nom de “Jour du Dieu de la Richesse” (迎财神, Yíng Cáishén).
C’est une journée où l’on célèbre le retour de la prospérité et la reprise des affaires après plusieurs jours de fêtes familiales.
Dans toute la Chine et à Taïwan, les pétards retentissent, les encens brûlent dans les temples, et les maisons vibrent d’une énergie dynamique : on dit que ce jour décide de la chance financière de l’année.
Qui est le Dieu de la Richesse (财神, Cáishén) ?
Le Dieu de la Richesse, connu sous le nom de Cáishén, existe sous plusieurs formes dans la tradition chinoise :
- 文财神 (Wén Cáishén) : le Dieu de la richesse “civil”, associé à la sagesse, aux études et à la bonne gestion.
- 武财神 (Wǔ Cáishén) : le Dieu de la richesse “militaire”, souvent identifié à Guan Yu (关羽), symbole de courage et de loyauté.
Ces différentes représentations incarnent deux manières d’attirer la richesse : par la sagesse et la vertu (Wén), ou par l’action et la protection (Wǔ).
Selon la légende, Cáishén descend du Ciel le cinquième jour du premier mois lunaire pour visiter les foyers et bénir ceux qui lui rendent hommage avec sincérité.
Le rituel du 迎财神 (Yíng Cáishén) : accueillir le Dieu de la Richesse
Dès minuit (passage du 4ᵉ au 5ᵉ jour), les fidèles se rassemblent dans les temples pour “accueillir le Dieu de la Richesse” : les portes s’ouvrent, les pétards explosent, et les prières s’élèvent dans la nuit.
Dans les maisons, on prépare :
- Un autel orienté vers l’Est ou le Sud-Est (direction favorable à la richesse).
- Des offrandes : encens, vin, thé, fruits (notamment mandarines et oranges), gâteaux de riz (发糕, fāgāo, symbole de “croissance”), et parfois un cochon rôti.
- Une prière pour la prospérité, la stabilité et le bon déroulement des affaires.
La coutume veut qu’on ouvre les portes et fenêtres pour “laisser entrer la richesse” et que l’on fasse éclater des pétards pour chasser les mauvais esprits, marquant le retour de l’énergie Yang et de l’activité.
Une journée de reprise : “破五” (Pò wǔ)
Le cinquième jour est également appelé 破五 (Pò wǔ) — littéralement “briser le cinq”.
Cette appellation vient du fait que ce jour met fin aux interdits et tabous des quatre premiers jours du Nouvel An.
Ainsi :
- On peut balayer la maison, symbole de se débarrasser des mauvaises énergies accumulées.
- Les commerces rouvrent leurs portes : c’est le jour idéal pour reprendre les affaires et “accueillir la fortune”.
- On mange des raviolis (饺子, jiǎozi), symboles de richesse et de prospérité, car leur forme rappelle celle d’anciens lingots d’or.
Les sons des pétards sont omniprésents — on dit qu’ils attirent l’attention du Dieu de la Richesse et annoncent un nouveau départ sous de bons auspices.
Signification énergétique et Feng Shui
Sur le plan métaphysique, le cinquième jour correspond à l’activation du Qi de la richesse (财气). Après les rituels de purification et d’harmonisation des jours précédents, l’énergie du foyer est désormais prête à recevoir et manifester l’abondance.
En Feng Shui, on recommande :
- D’ouvrir la porte principale pour laisser circuler le Qi entrant.
- De placer des symboles de richesse (lingots d’or, poissons, Pi Xiu 貔貅 ou crapaud à trois pattes) près de l’entrée.
- D’éviter le désordre, car le Qi stagnant bloque la circulation de la prospérité.
Le cinquième jour est également considéré comme le premier jour propice pour entreprendre, prendre des décisions commerciales ou lancer de nouveaux projets.
Tabous du jour
Malgré son aspect joyeux, certaines précautions sont observées :
- Ne pas emprunter d’argent le cinquième jour, de peur de “repousser la richesse”.
- Ne pas disputer ni jurer : la querelle détourne la chance.
- Ne pas laisser les lumières éteintes pendant la prière à Cáishén — la lumière symbolise la guidance et la prospérité.
Interprétation métaphysique : activation du Qi de richesse
Du point de vue des maîtres de Feng Shui et de BaZi, cette journée marque le retour du Qi actif après la période Yin du mois Là.
C’est le moment de faire circuler les intentions de prospérité — ce que l’on appelle en Qi Men Dun Jia « activer le palais de richesse (财宫) ».
Le rituel du cinquième jour ne consiste pas seulement à prier, mais à créer un mouvement d’énergie positive : ouvrir, offrir, remercier, agir.
Ainsi, “accueillir Cáishén” devient une manière concrète de réaligner ses actions sur l’énergie du renouveau.
Conclusion
Le cinquième jour du Nouvel An chinois est un jour vibrant de symboles et de bénédictions.
Il clôt la période d’introspection et ouvre la voie à l’action, à la croissance et à la prospérité.
Accueillir le Dieu de la Richesse (财神), c’est plus qu’un rituel folklorique : c’est une intention consciente d’honorer l’énergie d’abondance qui circule dans l’univers.
Par la lumière de l’encens, le son des pétards et la sincérité du cœur, les familles chinoises invitent le Qi de la prospérité à entrer dans leur vie — et à y demeurer toute l’année.